Les écorchés
Les écorchés vont par deux
Serrant leur coeur sur leur main
Crachant le venin des lendemains atroces
Leur dents, pourries par le désir
flottent au vent
Laissant entrevoir, l'espace d'un instant
Le prix du temps acquis.
Ils gagnent leur raison
En vendant leur main, leur coeur et leur sein
Courant vers le soleil, tels les marins émerveillés
Ils vivent et meurent au grès du vent
Sans entrevoir la mort et le fureur
Les cris, les pleurs, la haine et la douleur
Ils sont heureux dans leur souffrance
Vivent le malheur mieux que les vivants
Sentent la peur et sa couleur au vent naissant
Leur gorges sérrées s'étranglent et s'entrelacent
Sans s'émouvoir, s'étouffent enflent et fument
Et crèvent.
Ils meurent.
Et restent en vie,
pour ne pas s'étourdir
et tomber.
04.11.02