Vers la mer.
La radio hurlait dans mon crâne
Le vent qui soulevait la trame
La rendait insupportable. A mes yeux.
Je tremblais, ne sachant que faire
De ces doigts qui encombraient mes mains.
-Il tourne la tête et se voit sur le bas-côté-
-Il freine car c'est son corps amoché qui est posé là-
Troublé mon regard m'indiquait la mise.
Claquant la portière, les talons, et toujours des dents,
Je m'approchais de mon frère.
Son odeur m'indiquait qu'il n'était plus très frais.
La tête telle un ananas putréfié coulait.
La mienne, aussi, maintenant.
Et dans l'eau, la boue mortuaire
De nos deux corps, tremblait la rage.
Le pouacre animal se méla à l'eau de la rivière
Pissant dedans, se laissant boire,
Et bientôt ils nageaient au milieu des poissons morts.
Rayonnant, aveuglant le Monde
De tant de crasse, si luisante.
Et nous tremblons car ils coulent dans nos veines.