Variations avariées.

Publié le par Manu Manu

Et puis : l'Amour... Cette tasse de boue putride,

Gavés du berceau à la tombe, de la gaule

Du matin aux menstrues absentes : avale.

La douceur d'une cirrhose ; enfant tu voulais

Déjà sentir l'étreinte, porter le masque : plaire...

Plaire, croire, plaies et croix, pour te voir encore

Un instant briller comme une larme d'acier,

Croire encore que nous jouissons ensemble, parfaits.

Mais si je ferme les yeux, ne plus t'attendre,

Atteindre le point où nous serions d'autres,

Ceux que tu aimes, celles que je baise ou

Encore l'inverse : mes nuits leur laissent la place.

Mes rêves accueillent le doute et l'odeur : amère

Et âcre du poids des corps qui s'agitent, vains.

Un charnier d'images à branlettes sublimes,

Distillant l'indifférence, l'effroi et l'angoisse, 

Du silence au mépris pour que t'y crois sans peine...

Car : comme la chair l'amour est périssable,

Grouillements sous-cutanés, organe atrophié,

"Que reste t'il de nos amours ?" : un doggy-bag.

Publié dans Boomerang

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