La paille.

Publié le par Manu Manu

Les soleils irradient, noirs et puissants, lentes
Vagues, ils déroulent leurs fluides sans cesser,
S' emmeler ; et partir enfin. Sur ces traces
De cendres et de boues, de sang parfois, mille
Aussi. Et des peurs, indicibles, enlacées,
Rendues vivantes, aux souffles des mers arides
Des mains chancelantes et mesquines, pour ne
Rien voir. La beauté. Et le reste. Tout passe.
A portée de la bouche entrouverte sur
Un autre monde. Ce pourrait-il que l'on ne
Le vït point, qu'il soit énorme et brillant, rageur
Et obstiné ? Il y miroite une odeur de
Stupre insensé, le démon originel, vois,
La pance rance, ivre des plaisirs perdus.
Vois, ce que tes yeux ignorent, ils se méfient,
De ce que tu pourrais en penser, en faire donc.

Publié dans Post Meridium

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Piotr Goradd 18/04/2007 14:53


Noire poésie
               Le sombre poète écrit comme il se rase les jambes. D’abord en partant de la base de ses orteils puis comme une gangrène, jusqu’aux poils bien noirs de sa région pubienne. Mais il ne s’arrête pas là, oh non ! Sa plume s’enfonce en ses chairs et s’attaque à ses viscères à vifs puis continue sa désastreuse entreprise en dépoilant les replis ténébreux de sa cervelle. Là y pousse un chiendent corrosif qui assèche ses perceptions, qui les traduit en un langage obscène et les cristallise comme autant de cartouches d’encre obscure. Les vers incisifs qui coulent de ses rasoirs, nous prouvent, non sans raison, que derrière le blanc, il y a le noir. Ce fossoyeur de nos songes éteints, ravive nos douleurs, réveille nos angoisse. Il perce de sa plume infectieuse nos furoncles qui mûrissent les nuits de pleine lune. Il s’invite dans nos impudiques miroirs sans tain, le sombre poète est un révélateur qui nous offre le négatif de nos sens uniques... Il nous peint les douces colombes en Dieux-hyènes. Il pèle l’écorce de nos âmes pour en pourrir le fruit. D’un sombre poète, il devient alchimiste, troquant nos rêves dorés contre une infusion d’outre-mémoire. Il vendange nos tendres certitudes pour élaborer un vin aigre, vitriolé. Mais qui ose dire qu’il a tort ? Mais qui ose lire sa propre mort ? Mais qui ose rire d’un talent d’or ?Bisous................Piotr

Andy Verol 17/03/2007 15:47

Délivré de ses chaines, Andy Verol finit par vomir ses mots, abondamment, partout: http://andy-verol.blogg.org

Manu Manu 09/04/2007 13:26

celui qui dégueule, c'est celui qui nettoie. et vite.